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Entrevues |

Ce qui apparaît: Emmanuel Yves
Emmanuel Yves est né en 1968 à Paris.
C'est vers l'âge de 12 ans qu'il commence à écrire ses premiers poèmes et, dès lors, il n'aura de cesse de taquiner la muse.
À l'adolescence, il fréquente assidûment les bibliothèques et y découvre des poètes tels que Paul Eluard ou Charles Baudelaire, immenses auteurs qui le marqueront à jamais.
Après des études de Lettres à la Sorbonne, il travaille d'abord dans le secteur privé en tant qu'Assistant qualité, puis s'oriente vers celui de la fonction publique en intégrant le monde des bibliothèques universitaires.
Parallèlement, il continue d'écrire, et son recueil de poèmes intitulé "Ce qui apparaît" reprend un florilège non exhaustif de textes composés de 1985 jusqu'à aujourd'hui.
C'est son premier ouvrage publié chez Mille poètes "
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Wahid Bennani : Bonjour, Emmanuel Yves, heureux de rencontrer l’auteur du recueil de poésie Ce qui apparaît.
Emmanuel Yves : Bonjour Wahid Bennani, merci beaucoup pour cette interview. Je suis content de vous rencontrer également.
Wahid.B : Qu’est-ce qui « Apparaît »?
Emmanuel Yves : En fait, il ne s’agit pas d’UNE apparition, mais de plusieurs.
Prosaïquement, d’abord : ce recueil de poèmes ... C’est là un projet de longue date que je désirais voir aboutir d’une façon ou d’une autre, et il se trouve que j’ai enfin pu le concrétiser grâce à Mille Poètes et à son fondateur, Guy Boulianne. Certains des textes qui composent ce recueil étaient restés dans un tiroir depuis un certain nombre d’années, et il fallait nécessairement qu’ils voient le jour. Je tenais à les offrir à mes proches de la plus belle façon qui soit. Je pense avoir réussi.
Ensuite, « Ce qui apparaît » est un hymne à la vie et à ses différentes évolutions. Dans les dix-huit premiers poèmes du recueil, je parle de l’apparition de la vie sur Terre (« Terra nostrum »), des dangers auxquels elle est confrontée (« Anna »), de sa disparition (« Mensonges », « La Tour ») et de sa possible réapparition (« Après nous »). En outre, je parle de la quête de la vie : des poèmes comme « Encélade » ou « Sur le ring » reprennent des faits d’actualité récents, à savoir l’exploration de Mars et la découverte de geysers d’eau sur le satellite de Saturne, Encélade. Autant de nouveaux mondes que nous découvrons actuellement et qui sont susceptibles d’abriter la vie.
Par ailleurs, « Ce qui apparaît » est également un hymne à la beauté du monde : dans le poème éponyme, il est question du phénomène de l’aurore boréale. Un phénomène tellement magnifique et tellement spectaculaire que je le compare à une femme.
Enfin, « Ce qui apparaît », c’est également la poésie, tout simplement.
Wahid.B : La poésie de Emmanuel YVES est une victoire finale de l’Idéal face au Spleen, lit-on sur la préface. Est-ce ainsi que vous la voyez, vous aussi ?
Emmanuel Yves : Oui. Mes textes restent profondément optimistes et s’inscrivent dans une dynamique où l’ennui existentiel n’a guère sa place. La vie y est la plus forte.
Dans le texte intitulé « Après nous », je fais allusion au Coelacanthe, poisson préhistorique dont je ne soupçonnais même pas l’existence il y a deux ans et que j’ai découvert fortuitement grâce au magazine télévisuel « Thalassa ». Savez-vous que ce poisson existait déjà il y a plus de trois cents millions d’années, et qu’il continue de vivre de nos jours dans l’Océan indien ? On croyait cette espèce complètement disparue. Or, voici qu’elle réapparaît subitement dans les années cinquante ! Après nous, après notre civilisation, peut-être ne restera-t-il pas grand chose de ce que nous aurons laissé. Mais je demeure persuadé que la vie ne s’arrêtera pas en si bon chemin et qu’elle continuera d’exister sous d’autres formes.
Dans un autre registre, celui du domaine sentimental, le poème intitulé « Sol air » est également très explicite : ici, le poète n’est plus la victime des désordres amoureux, mais il se pose en conquérant. Dans ce texte, le « coup de foudre » n’est plus subi. Il transgresse littéralement la paralysie que provoque généralement cet état pour se transformer en « missile à tête chercheuse » … Vous trouvez dans ce texte une certaine forme d’humour … Humour également présent dans d’autres poèmes (« L’œuf à la coque », « Le repas », « Quarantaine »). Ici, la poésie est loin d’être mélancolique. Elle cherche surtout à « titiller » le lecteur.
Enfin, dans « Ce qui apparaît », il est aussi question de quête, de voyage, d’imaginaire. Nous sommes très loin de l’immobilisme. En ce sens, oui, le Spleen a bel et bien été vaincu par l’Idéal.
Wahid.B : Il est question aussi de La magie de l’enfance. Des poèmes qui remontent à cette période ?
Emmanuel Yves : Je devais avoir douze ou treize ans lorsque j’ai commencé à prendre la plume pour écrire mes premiers poèmes. A cette période, je lisais énormément de poèmes de Paul Eluard et j’étais en admiration devant ce grand auteur romantique et engagé. Certains des poèmes qui figurent dans mon recueil datent de 1988 (« L’ensorcelé », écrit juste avant l’épreuve de baccalauréat de Français) ou de 1989 (« Des mots », « Sans raison »), mais je n’ai pas inséré de textes antérieurs à cette période : certains étaient très mal construits sur le plan de la métrique et me semblaient un peu trop … jeunes. Plus tard, peut-être.
Enfin, je porte sur la vie et sur le monde en général un regard bienveillant. Innocent, diront certains. J’essaie de trouver de la magie en chacune des choses qui nous entourent. Prenez, par exemple, le poème intitulé « Quetzal ». Dans ce texte, de quoi est-il question ? J’y parle effectivement d’un oiseau, à savoir le Quetzal, qui est un superbe volatile que l’on trouve dans certaines forêts d’Amérique centrale. J’essaie aussi de le décrire dans son milieu de vie habituel … Mais je ne m’arrête pas là : pour certaines peuplades du Guatemala, cet oiseau est un animal magique, symbole de paix et de liberté. Et il faut savoir que le Quetzal est actuellement en voie de disparition … Dans ce texte, il n’est donc plus seulement question de l’oiseau, mais également du monde tourmenté dont il perçoit les échos autour de lui, ces « blessures du monde ouvertes comme un ogre ». Pour certains indiens Guatémaltèques, le monde connaîtrait moins de guerres, moins de souffrances si cet oiseau venait à repeupler leurs forêts.
C’est un peu cela, la magie de l’enfance : le fait de croire que l’on peut encore rendre ce monde meilleur, d’une façon ou d’une autre.
Wahid.B : En vous entendant parler d’oiseaux, de découvertes et de galaxies on a envie de poser cette question : qu’en est-il d’autres thèmes, disons plus littéraires sachant que Lettres désigne tout ce qui a rapport à la culture de l’esprit sans être Science, Technique… ?
Emmanuel Yves : Dans la dernière partie de mon recueil, vous trouverez un poème sur un célèbre personnage de la littérature : "Antigone". J'ai découvert cette héroïne il y a plus de vingt ans, lorsque j'étais adolescent, avec la représentation de la pièce de théâtre reprise par Jean Anouilh. A l'époque, j'ai été très marqué par cette lecture moderne de la tragédie de Sophocle. Il y était évidemment question d'amour impossible entre Antigone et Hémon, mais aussi de résistance face au pouvoir tyrannique de Créon. Le destin et la quête de la liberté : autant de thèmes majeurs qui jalonnent toute l'histoire de l'Humanité.
Dans le poème intitulé "Paris, Texas", je rends également hommage au réalisateur allemand Wilhelm Ernst Wenders, et à son magnifique film sorti en 1984. Histoire de résurrection et de retrouvailles, ce film a été pour moi une véritable révélation, un vrai puits d'émotions. Bien sûr, d'autres oeuvres cinématographiques m'ont aussi laissé des souvenirs indélébiles, comme celles, notamment, de Stanley Kubrick ... Peut-être de futurs poèmes en perspective.
Enfin, il est dans mon recueil un texte important, un poème humoristique qui cherche à représenter l'action que peut exercer l'écriture poétique sur le lecteur : "Le repas". J'y parle malicieusement du vers littéraire comme d'un parasite auquel on ne peut échapper. Un "ver" qui se transmettrait d'homme à homme par la lecture de mes textes. Une propagation inéluctable de la poésie.
Wahid.B : Qui ne connaît pas l’impossible Antigone d’Anouilh, la têtue, l’héroïne qui meurt pour je ne sais quel idéal ! En somme, une suicidaire qui devance son temps pour démontrer que dans la tragédie, des fois, on meurt pour rien. Et Dieu sait que dans la vie il y a plein d’Antigone qui en prennent exemple.
Un intégrisme idéaliste plutôt qu’un intégrisme religieux ? Anouilh était-il prophète en son temps ?
Emmanuel Yves : Jean Anouilh, dans son ouvrage, ne fait pas l'apologie du suicide. Je rappelle qu'Antigone, à la fin de la pièce, est condamnée à être enterrée vivante par Créon. Dès le début du texte, nous savons de toutes façons que son destin est scellé. En ce sens, oui, elle va mourir pour rien : pour son refus d'obéir aux lois d'un roi absurde qui sait certainement que ces dernières seront transgressées. Finalement, c'est elle qui décide de mettre un terme à ses jours, parce qu'elle veut encore avoir ce choix. Son dernier geste s'apparente plus à une affirmation ultime de sa liberté face à la fatalité. D'ailleurs, nous n'assistons pas directement à cette scène, elle nous est simplement rapportée, comme si elle échappait au récit, à l'histoire imaginée de A à Z par le Deus ex machina de cette pièce, l'auteur lui-même.
En outre, il ne faut pas oublier dans quel contexte Jean Anouilh a réécrit cette tragédie : durant l'occupation allemande, en 1944. Il met de côté tous les aspects religieux présents dans le texte de Sophocle pour se concentrer sur l'acte de résistance patriotique qu'incarne la fiancée d'Hémon. Dans certaines études portant sur sa version d'Antigone, il est même souvent indiqué que le personnage de Créon s'apparente assez à Pétain.
Peut-on parler d'intégrisme idéaliste quand Antigone décide de braver les ordres de son oncle pour rendre à son frère les derniers honneurs funèbres ? Pour ma part, j'y vois évidemment un acte de résistance, mais aussi et surtout de l'amour, beaucoup d'amour.
Wahid.B : Vous dédiez ce recueil à votre mère, votre sœur et à bien d’autres sans mentionner votre père. Un oubli ?
Emmanuel Yves : Non. L’hommage est implicite. Mais je tenais avant tout à dédier cet ouvrage à ma mère et à ma sœur, ainsi qu’à mes grands-parents, qui ont tous suivi mes premiers pas dans l’écriture.
Wahid.B : Après trois poèmes sur Terra Nostrum, mer et ciel, vient l’hommage que vous faites à Anna de Noailles. Elle est aussi grande à vos yeux que Terra Nostrum ?
Emmanuel Yves : L’une est la fille de l’autre … On ne peut parler de notre Terre sans évoquer la poétesse Anna De Noailles.
Actuellement, notre civilisation doit faire face à de profonds bouleversements climatiques dont les effets sont de plus en plus visibles de part et d'autre de la planète. Le monde moderne a considérablement modifié le milieu dans lequel nous évoluons : déforestations à tout va, pollutions des espaces maritimes, aériens, et j’en passe ...
Anna de Noailles avait un lien très fort avec la nature, nature à laquelle elle a si admirablement rendu hommage dans ses poèmes (“La vie profonde”, “L’empreinte”). Je me suis posé la question suivante : qu’aurait-elle pensé du monde moderne ? Peut-être aurait-elle été la première à s’inquiéter des dérives et des excès que nous connaissons aujourd’hui ?
Par ailleurs, Anna de Noailles était une amoureuse de la vie. Je devais donc lui rendre hommage dans “Ce qui apparaît”.
Wahid.B : Vous qui devez avoir lu beaucoup sur Anna de Noailles, que répondriez-vous si on vous retournait la même question que vous vous êtes posée ?
Emmanuel Yves : "Monde moderne, oh qu'as-tu fait de tes enfants ?
N'es-tu pas apparu trop vite ou bien trop mal ?
Vois comme ils ont changé : archanges tout-puissants
Qui défient la nature et le règne animal ! "
Ne cherchez pas d'où provient ce quatrain : je viens de l'écrire à l'instant. Il est évident que l'avènement du monde moderne était inéluctable. Il serait bien difficile, aujourd'hui, de se passer du confort de vie qu'il nous apporte et de toutes les possibilités qu'il nous offre dans notre quotidien : possibilités de s'informer et de communiquer de façon immédiate, de voyager vite et loin ... En outre, grâce aux nombreux progrès réalisés en médecine, la durée de vie s'est considérablement allongée et certaines maladies commencent également à être traitées depuis le séquençage du génome humain. Néanmoins, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les nuisances provoquées par certains comportements excessifs dans la consommation des ressources énergétiques et les risques engendrés par une mauvaise maîtrise (voire une utilisation à mauvais escient) de ces dernières. Le dérèglement climatique, dû aux activités humaines, est un véritable défi pour notre civilisation et les générations futures.
Enfin, j'ai le sentiment que nous sommes à l'aube d'une nouvelle révolution technologique qui n'a pas fini de faire parler d'elle : les premiers ordinateurs personnels destinés aux particuliers sont apparus il y a trente ans, et voici que nous en sommes déjà arrivés à la création de robots qui connaissent des prémices d'intelligence artificielle. Une "Charte éthique des robots" est d'ailleurs élaborée actuellement par des membres du gouvernement de la Corée du sud ! Quelle sera la place de l'Homme dans les années à venir au sein de ces sociétés de plus en plus déshumanisées ?
Wahid.B : Ne serait-ce pas la même question que l’homme des cavernes s’était posée à l’ère du fer ? C’est comme la fin du monde, il y a bien mille ans, ou plus qu’on en parle.
Emmanuel Yves : C'est plus que probable, en effet. Chaque époque a connu des évolutions et des bouleversements qui ont nécessairement fasciné mais également inquiété.
Quant à la fin du monde, elle fait partie de ces peurs immémoriales qui n'ont jamais quitté l'homme, et ce quelles que soient les civilisations : dans les sociétés occidentales, il y a effectivement un peu plus de mille ans, les épidémies de peste ou les éclipses de soleil apparaissaient comme des signes funestes, tandis que deux siècles plus tard certains peuples d'Amérique du sud - je pense notamment aux Aztèques - étaient persuadés que la fin du monde devait intervenir au bout d'un certain nombre d'années représentées sur leur calendrier.
Aujourd'hui, on retrouve encore cette même préoccupation irrationnelle au sein de mouvements sectaires. Pour autant la situation a changé : la science a fait un bond en avant considérable, et bien qu'elle ne puisse tout expliquer elle est tout de même source de connaissances. Les éclipses sont regardées d'un autre oeil, tandis que les grandes épidémies sont combattues à l'aide de médicaments dédiés grâce aux progrès réalisés en virologie.
Le problème, justement, c'est que les scientifiques observent des faits qui n'ont plus rien d'irrationnels : la fonte des glaciers peut être mesurée depuis le ciel, des phénomènes météorologiques aberrants se multiplient ... bref, le changement climatique est en marche. Doit-on pour autant parler de "fin du monde" ? Je ne le pense pas. De même que l'apparition de l'intelligence artificielle ne signifie nullement que l'espèce humaine soit déjà sur la voie de l'extinction. En revanche, que notre monde et nos sociétés soient actuellement en train de changer profondément, cela ne fait aucun doute. Pour le meilleur, et pour le pire.
Wahid.B : Le poète, n’est-il pas désarmé face aux fléaux puisqu’il ne transforme pas le mode de vie des gens et que la poésie n’a qu’une démarche synthétique et poétique ne pouvant soulager, comme le scientifique, qui que ce soit ?
Emmanuel Yves : Tout dépend de la nature de ces "fléaux". Je considère le poète comme un historien. Il est le témoin d'une époque qu'il retranscrit avec ses mots. Est-il désarmé pour autant ? Je n'en suis pas convaincu.
Au travers de ses textes, il lui est possible d'alerter l'opinion publique et de dénoncer certains problèmes. S'il ne change pas "matériellement" la vie des gens, il peut en revanche leur apporter l'espoir d'un monde meilleur. En cas de guerre, notamment.
Prenez le cas de Paul Eluard : en 1942, alors qu'il s'est engagé dans la résistance, il publie le recueil intitulé "Poésie et vérité". C'est dans cet ouvrage que figure son célèbre poème "Liberté" qui fut parachuté dans les maquis pour soutenir les partisans de la France libre. De tous temps, les poètes ont écrit en faveur de la paix et des Droits de l'Homme dans le monde. Nombre de leurs textes sont d'ailleurs repris dans les ouvrages d'Amnesty International.
Maintenant, pour ce qui est de "soulager qui que ce soit", je ne suis pas certain que la poésie n'ait pas quelque vertu curatrice : certains auteurs (ce n'est pas mon cas) trouvent dans le rêve et l'évasion une échappatoire face aux difficultés qu'ils rencontrent dans leur vie quotidienne. Il s'agit là du rôle thérapeutique de l'écriture.
Enfin, rien n'empêche le poète d'exercer un métier scientifique. On trouve ainsi de nombreux auteurs dans différentes disciplines : Edgar Morin (poète, chercheur et directeur au CNRS), Basarab Nicolescu (poète et physicien des particules élémentaires) ... Il y a, à mon sens, complémentarité entre la science et la poésie.
Wahid.B : Que pensez-vous des propos de Montaigne lorsqu’il dit être: « Moi-même la matière de mon livre » ?
Emmanuel Yves : Le livre peut-il être un miroir de l'âme ? Sans doute. Pour autant, "Ce qui apparaît" n'est pas une autobiographie, à la différence des "Essais" de Montaigne. Je ne suis pas "l'objet" de mon livre.
Au contraire, j'ai tenu à ce que ce recueil soit ouvert sur le monde : poèmes sur la conquête spatiale, sur des faits d'actualité ... Et nombre de mes textes portent également sur des proches ou des connaissances auxquels je rends hommage.
Somme toute, je changerais volontiers la formule de Montaigne en "Les autres plus moi-même, la matière de mon livre".
Wahid.B : ça va de soi puisqu’on ne peut vivre sans les autres. Mais les Autres, c’est qui ?
Emmanuel Yves : Ces amis et ces personnes sur lesquels j'ai écrit, tout simplement. Des gens qui m'ont profondément marqué pour diverses raisons et m'ont apprécié ou aimé sans jamais me juger. En ce sens, pour faire allusion à Sartre, je dirais que les Autres - ceux qui sont aussi la matière de mon livre - ne sont pas l'enfer.
Entrevue de Wahid Bennani
> poemeencours@yahoo.fr
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> © Mille Poètes LLC
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AUTEUR :
Wahid Bennani DATE :
21 mars 2007
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