La vie après la Colombie
Par : Marie-Julie Gagnon le 03 août 2003

On le sent parfois très loin. Le regard ailleurs, son visage se contracte l’espace d’un instant. Puis, il s’anime, s’enflamme et raconte.
Rafael HernandezDifficile de résumer l’histoire de
Rafael Hernandez, 45 ans, réfugié
colombien venu s’installer à
Jonquière avec sa famille en
décembre 2001. Ce passionné de
communication qui a fait de la lutte
contre la corruption son cheval de
bataille a connu plusieurs vies.

Journaliste de formation, M.
Hernandez a été assistant à la
production, coordonnateur, puis
assistant à la réalisation pour des
séries populaires (semblables à
nos téléromans) dans la capitale
colombienne pendant vingt-deux
ans.

Lors du décès de son beau-père, il
y a dix ans, il quitte Bogota avec sa
famille pour vivre dans la demeure
de ce dernier, à Granada, dans le
département de Meta. Il travaille
quelque temps pour deux chaînes
de télévision et de radio, Caracole
et RCN, puis met sur pied une
branche de l’organisme Red de
Veedurias de Colombia (RED
VER), qui vise à dénoncer la
corruption. Il fonde ensuite une
station de radio, dont l’objectif
premier est de dévoiler le fruit des
recherches de l’organisme.
Résultat ? Quatre des maires de la
vile sont envoyés en prison pour
corruption. " La population nous
apportait les preuves ", affirme le
couple.

L’arrivée au Québec
Rafael Hernandez n’a jamais
laissé la peur faire irruption dans
sa vie. Pourquoi alors quitter la
Colombie ? " À cause de trois
menaces de mort !, s’exclame-t-il.
Des gens ont appelé à la radio et
m’ont dit : " Demain, vous serez
tué. Quelqu’un a déjà payé pour
votre vie. "

La suite semble tout droit sortie
d’un film. À minuit, ce soir-là, le
journaliste quitte la résidence
familiale en catastrophe, un
manteau sur la tête. Il s’engouffre
dans une voiture et rejoint les
bureaux de RED VER de Bogota,
où des gardes du corps veilleront
sur lui. Sa famille le rejoint
quelques semaines plus tard.
Puis, cap vers Québec.

Dix-huit mois après son arrivée à
Jonquière, Rafael Hernandez parle
de son pays d’origine avec la
même fougue. " Ma lutte, c’est la
corruption. C’est le plus grand
problème de la Colombie. Tous
les politiciens sont corrompus. (…)
Nous sommes très riches. La
pauvreté vient du gouvernement.
Tous ceux qui ont voulu se battre
pour la population sont morts. "

Des projets plein la tête, il compte
rester dans la région du
Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il rédige
de temps à autre des articles qu’il
envoie en Colombie. Il est aussi
l’un des fondateurs du groupe
musical Generacion, qui
rassemble des musiciens et
chanteurs d’origines
colombiennes de Jonquière.
Malgré un accent encore prononcé,
il a aussi eu l’occasion de donner
quelques conférences sur son
coin de pays natal.

Pas question cependant de
remettre les pieds en Colombie,
où sa tête est mise à prix. Partager
la richesse de sa culture tout en
faisant connaître les réalités de la
Colombie : voilà ce qu’il souhaite
faire pour le moment. " Il y a
beaucoup d’opportunités pour
présenter des projets dans la
région ", dit-il.

Puis il ajoute, le regard bien fixé
dans le présent : " Ici, je peux vivre
dans la dignité. "

(Article publié dans le cahier
"Actuel" du journal La Presse le
mercredi 39 juillet 2003)

Autres texte sur les
Colombiens de Jonquière:

http://www.webzinemaker.com/ad
mi/m12/page.php3?num_web=13
202&rubr=3&id=115330

Retour haut de page



 

 

Le 09 Février 2010
<<<   >>>
 
 
 


Warning: require() [function.require]: URL file-access is disabled in the server configuration in /home/webzine/www/admi/m12/pied.html on line 20

Warning: require(http://www.webzinemaker.com/montrealites/ours.dat) [function.require]: failed to open stream: no suitable wrapper could be found in /home/webzine/www/admi/m12/pied.html on line 20

Fatal error: require() [function.require]: Failed opening required 'http://www.webzinemaker.com/montrealites/ours.dat' (include_path='.:/usr/share/php:/usr/share/pear') in /home/webzine/www/admi/m12/pied.html on line 20