Apprendre en voyageant Par : Marie-Julie Gagnon le 22 septembre 2004
« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »
Cette phrase de Nicolas Bouvier tirée de
L’usage du monde pourrait résumer à
merveille l’expérience de Louis-Philippe
Drolet, qui a vécu cinq ans au Mali après
avoir participé à un stage d’intégration
culturelle de deux mois financé par le
programme Québec sans frontière. « Je
travaillais au département des
communications de TVA, raconte celui qui
est aujourd’hui coordonnateur à la
production de Tout le monde en parle à la
SRC. J’ai fait un faux numéro de
téléphone et la personne qui a répondu a
dit : « Jeunesse du monde bonjour ». La
fille m’a expliqué qu’ils organisaient des
stages pour les jeunes et j’ai trouvé ça
bien intéressant. J’avais toujours voulu
aller en Afrique. Je leur ai demandé de
m’envoyer l’information. » Quelques
semaines plus tard, le jeune homme de
21 ans atterrissait sur le sol rouge du Mali.
Ce stage d’apprentissage lui a donné
envie de pousser l’exploration. C’est
pourquoi six mois après son retour au
Québec, il est reparti retrouver sa famille
africaine d’adoption. Pendant huit mois,
Louis-Philippe s’est transformé en
paysan. Puis, il a travaillé à l’instauration
d’une radio communautaire à énergie
solaire avec Solidarité Union Coopération
(SUCO). « Je ne pensais jamais que ces
deux mois-là allait durer cinq ans et
encore moins qu’un mauvais numéro
pouvait nous mener en Afrique ! », dit-il en
riant.
Les études le démontrent bien : une
grande partie des jeunes voyageurs
souhaite vivre des expériences plutôt que
d’être de simples observateurs. Les
stages d’initiation à la coopération
internationale comme les séjours
linguistiques – tels ceux organisés par le
Collège de Maisonneuve, le cégep de
Drummondville, Voyage Université (VU)
ou Horizon cosmopolite – sont
d’excellentes manières de faire ses
premiers pas à l’étranger. « Mes deux
premiers mois au Mali m’ont fait réaliser à
quel point je ne savais pas comment je
voulais réaliser ma vie au Québec,
observe Louis-Philippe Drolet. Là-bas,
j’avais l’espace et le temps pour me
recentrer sur certaines valeurs. Je ne
serais pas la personne que je suis
aujourd’hui si je n’avais pas passé cinq
ans de ma vingtaine là-bas, c’est clair. »
Et si les voyages formaient vraiment la
jeunesse ?
(Article publié dans le cahier «Voyages»
du journal La Presse le samedi 18
septembre 2004)
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Le 09 Février 2010
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