Le Sud ou le bout du monde? Par : Marie-Julie Gagnon le 22 septembre 2004
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les 16-30 ans n’optent pas tous pour de longs voyages, sac au dos. Les forfaits « tout-inclus » de courte durée séduisent de plus en plus de jeunes voyageurs.
Selon Claude Coudé, directeur général
de Tourisme Jeunesse, deux tendances
bien distinctes se sont dessinées au cours
des dernières années. « Il y a deux
données contradictoires dans le marché
des jeunes actuellement. D’un côté, on
voit une montée de l’Asie. Ceux qui
choisissent de s’y rendre ne sont plus
flyés, c’est de plus en plus « grand public
». En même temps, à cause des vacances
qui sont de plus en plus courtes,
davantage de jeunes optent pour les
forfaits " tout-inclus " dans le Sud. Les
deux sont en progression. »
Sur les babillards des cégeps et des
universités, des invitations à prendre part
à des voyages de groupes au soleil sont
affichées régulièrement. « Depuis 10 ans,
les Québécois ont adhéré au voyage de
type « Spring Break » et de fin d’années,
observe M. Coudé. (…) Ce qui marche le
plus, ce sont les voyages en autobus,
àVirginia Beach, par exemple. Ça coûte
environ 400-500 $, mais tout n’est pas
inclus. »
Les backpackers préfèrent quant à eux la
liberté d’aller là où ils le veulent, quand ils
le veulent. Le regard qu’ils portent sur les
séjours d’une semaine dans le Sud est
teinté d’un certain snobisme. « Le jeune
qui fréquente les auberges de jeunesse
va être contre les voyages organisés »,
remarque M. Coudé. Françoise
Mommens, chargée de veille à la Chaire
de Tourisme de l’UQAM, estime que ces
derniers demeurent encore plus
nombreux que les simples vacanciers. «
Oui, la tendance est encore au voyage «
sac au dos ». On marche ! On travaille
aussi parfois, dans certaines destinations,
pour aller un peu plus loin. »
Annie de Bellefeuille, coordonnatrice au
marketing chez Tourisme Jeunesse,
précise : « Les jeunes backpackers
recherchent les voyages non-
traditionnels. Ils veulent vivre quelque
chose de différent, partir à l’aventure. Ils
voyagent par leurs propres moyens et
n’ont pas peur d’aller dans les
destinations moins populaires. (…) Ils
partent plus longtemps. La durée du
voyage est plus longue que pour les
autres catégories de voyageurs. Ils
dépensent moins par journée, mais à
cause de ce facteur, l’impact économique
est quand même important. »
Sky is the limit !
Ainsi, les stages de coopération
internationale, le travail bénévole ou
rémunéré et les séjours qui permettent
une immersion culturelle et linguistique
ont la cote. En 2003, près de 19 000
Canadiens ont combiné vacances et
travail grâce àThe Student Work Abroad
Programme (SWAP). Chez Tourisme
Jeunesse, qui présente chaque année
des dizaines des conférences sur les
voyages à petits budgets, on observe un
engouement jamais vu pour celles portant
sur le travail à l’étranger. « Depuis deux
ans, notre congrès des bénévoles des
bureaux voyages est concentré sur cette
thématique, souligne Claude Coudé. On
invite tous les organismes qui ont des
programmes en ce sens, comme Horizon
Cosmopolite, à venir en parler. »
Voyager différemment et plus longtemps
permet d’explorer des horizons plus
lointains. L’exotisme est au goût du jour !
« L’Europe reste importante, tout comme
les Amériques, soutient Annie de
Bellefeuille. Ce qui vient ensuite, ce sont
les nouvelles destinations comme l’Asie,
le Pacifique et l’Australie.» Selon une
étude menée par l’Université du Québec
à Montréal, les cinq pays chouchoux des
jeunes Canadiens sont l’Australie, la
France, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande
et le Royaume-Uni. Alors, prêts pour
l’aventure ?
(Article publié dans le cahier «Voyages»
du journal La Presse le samedi 18
septembre 2004, http://
www.cyberpresse.ca/voyage/article/
1,158,1844,092004,797225.shtml)
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Le 09 Février 2010
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