Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a demandé une enquête indépendante sur les irrégularités présumées commises dans la gestion du programme «pétrole contre nourriture» en Irak. Le secrétaire général des Nations Unies avait reconnu qu’il était possible que des irrégularités aient été commises dans la gestion du programme destiné à permettre à l’Irak de vendre du pétrole, sous contrôle international, afin d’acheter de la nourriture et des médicaments pour la population civile irakienne.
Selon un rapport officiel américain, les détournements porteraient sur une somme proche de dix milliards de dollars. Selon Monsieur Annan :
«J'ai déjà discuté avec le Conseil de sécurité de l'envergure de cette enquête et du champ que cette enquête doit couvrir. Selon moi, il faut qu'elle soit indépendante, aussi large que possible de façon à ce qu'elle puisse examiner toutes les allégations qui ont été énoncées et aller jusqu'au fond des choses, y compris sur les allégations de fraudes et de corruption […]Compte tenu de la nature de l'opération qui a impliqué tellement de compagnies et tellement de pays... quiconque mènera l'enquête aura besoin de la coopération de tous».
Selon plusieurs médias Saddam Hussein avait détourné, avec la complicité de compagnies occidentales, des milliards de dollars du programme. Une structure de sociétés dans plusieurs pays oeuvrant avec des sociétés publiques aurait géré le programme de corruption accompagnant le programme «pétrole contre nourriture».
S’agit-il d’une réelle découverte ? Force est de reconnaître que non. L’ONU est-il impliqué ? Seule une enquête pourra affirmer si des officiels des Nations Unies ont tiré profit des versements illicites. Néanmoins, il serait quelque peu hypocrite de remarquer que le régime irakien avait tiré avantage de ce programme onusien pour renforcer son emprise sur la société irakienne en créant des clientèle de fait liées au régime par seule nécessité de survie.
Le programme des Nations Unies a contribué à la destructuration de la société irakienne rendant, en partie, presque impossible la transition actuelle. En offrant au régime de Saddam Hussein un moyen de contrôler les citoyens grâce au levier de la nourriture et des médicaments, l’ONU a contribué à renforcer les structures de pouvoir traditionnelles au détriment de celles étatiques certes neutres mais incapables de fournir la moindre prestation. Ou alors, ces mêmes structures étaient perçues comme inféodées au régime.
Dans tous les cas de figure, l’Etat ne représente plus rien aux yeux des irakiens et n’offre aucune garantie. Dans un tel contexte, les détournements de ces fonds ne fera que renforcer la méfiance des irakiens vis-à-vis des structures transitoires, retardant une solution réellement politique et renforçant de la sorte la spirale de la violence.