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Benoît Lachambre |
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 a présenté "Lugares comunes" à Grammont dans la saison Montpellier-danse ! Qu'en penser ?
J'ai mis plusieurs jours avant de me décider à écrire quelque chose sur "Lugares comunes". Je n'en voyais pas l'intérêt. Et puis, au bout d'un moment, je me suis rappelé qu'un webzine, je veux dire la pertinence d'un webzine, c'est à la fois la subjectivité sincère d'un (ou de plusieurs) auteur(s) et la constance dela production, qui permet de dégager par le simple téléscopage (inconnu aux autres organes de presse) une tendance.
Là, la tendance est nettement dépressive, en ce sens qu'il n'y a pas grand chose que je trouve bon en ce moment, mais si ça se trouve, c'est l'époque qui veut ça. (Encore que... c'est peut être moi, tout simplement,consultez donc la note de bas de page).
Bref, revenons à "Lugares comunes". Il s'agit d'une pièce qui repose sur une certaine critique, celle disons des espaces d'aéroport et des plateaux télévisés "à la Pivot des années 80". A partir de là, les interprètes (tous plus qu'excellents danseurs et acteurs) connus comme de redoutables improvisateurs, ont sorti quelque chose. Ce quelque chose a été mis en scénographie et en temps par Benoît Lachambre et Nadia Lauro (alors, bon, je n'en sais rien, c'est peut être la mise en espace qui a provoqué certains mouvements, en ce sens qu'elle était antérieure, mais qu'est-ce que ça change au fond ?)
Le problème, c'est que ce quelque chose n'est pas grand chose. On ne s'ennuie pas, mais bon, on n'en sort pas changé. D'autant plus qu'un vieux comme moi a déjà vu ce genre de truc des tas de fois, avec moins de scénographie, certes et de moins bons interprètes, certes encore, mais ceci apporte-t-il vraiment quelque chose au fond ?
Je vais même dire que jusqu'à présent, je croyais que les moyens plus faibles des improvisateurs étaient liés/dus au coté "critique sociale sous-jacente" de leur travail. Là, on a l'inverse. On voit une pièce en tournée mondiale, avec 10 danseurs coûteux, une scéno qui coûte probablement la peau des fesses, qui nécessite un théâtre très bien équipé et qui - c'est un corrolaire - s'adresse à une frange de la société qui est tout (mais tout) sauf au bas de l'échelle sociale.
Donc, voila, je n'ai rien à en dire, parce que ça ne me touche pas, n'étant pas (peut être que là est l'explication) du même rang social que l'abonné moyen des 13 Vents (autre nom de Grammont, pour ceux qui ne connaitraient pas).
Ce qui est très marrant dans cette histoire, c'est que quand je vais à l'Opéra ou au concert "classique", je ne suis pas choqué par le décorum. Quelque part, je ressens cela comme une conquète sociale, je pense (je veux dire : j'ai gagné le droit (ou mes ancètres l'ont gagné) de voir jouer Malher comme le voyaient les grands bourgeois à Vienne).
Là, il n'y a pas cette justification.
D'autre part, c'est vraiment beaucoup de moyens pour au final rien de bien existentiel ou émotivement secouant.
Pour tout vous dire, j'ai relu récemment un numéro de "Vogue" spécial "jet-set". Et c'est vraiment à cette futilité que ça me fait penser.
Sans rancune ?
Note : "Danser" sous l'égide de Télérama est devenu un journal costaud, plein de pages et de photos de qualité. Dans le numéro de janvier, il y a une interview de Sylvie Guilhem, remarquable comme d'habitude. (Je vais finir fan.) Et il y a le choix de la rédaction pour 2006 (le palmarès). Deux des rédacteurs choisissent le ATK vu à Montpellier (on en a parlé dans clik) Eux pensent qu'il s'agit d'une oeuvre majeure. Et deux rédacteurs d'une équipe, sur la même pièce, ce n'est pas rien ! Moi je trouve que c'est le retour au ballet, donc un pas culturel gigantesque en arrière. Comme un trait tiré sur les années "utopiques" 60, 70, 80. (Ce désaccord ne confirmerait-il pas que je me ringardise ?)
Dire ça dans un papier où au fond, on regrette le fait que Lachambre refasse les performances des années 70 à la sauce 2000, c'est contradictoire ? Non! Le dernier disque de "Yo la tengo" est la meilleure imitation du Velvet depuis longtemps (sur certains morceaux,parce qu'il n'y pas que le Velvet qui est imité). C'est pas mal, mais re-faire, c'est beaucoup plus creux que faire.
La photo est une archive de 2003 quand Lachambre travaillait à "Changement de propriètaire" pour préparer le Festival 2003, qui n'a pas eu lieu.
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