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Ayet et Quaglia |
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 Plein soleil !
Rita et Lluis, ne serait-ce pas l'alliance de la violence et du vent ? D'un coté, on a un chorégraphe qui privilégie les états de tension (un danseur anguleux, d'ailleurs). De l'autre, on a une nervalienne, une fille du vent...
Sur ce Festival 06, ils tentent un travail commun qui a démarré avec le photographe Didier ben Loulou (cliquez pour son site. A Jérusalem. D'où l'affiche du Festival 06. D'où le titre : bleu de terre rouge. Terres rouges de Jérusalem.
Au début du processus, il y a un travail à Jérusalem, de Rita avec le photographe Didier Ben Loulou, très connu pour ses photos des villes israéliennes. Comment Luis s'est-il intégré là dedans?
Rita : En fait, Luis était aussi à Jérusalem, mais faisait un travail de prise de son. Il était comme un témoin. Et il y a eu deux choses en parallèle. D'un coté la recherche photographique, de l'autre et en même temps, la création de la pièce.
Mais d'habitude, on associe peu Ben Loulou au corps humain, il photographie la ville ?!
Luis : Son travail photographique est sur la ville, bien sûr, mais il est surtout sur la couleur.
Rita : La matière, la fusion, la fragmentation, la tension des matières. Donc : les murs, la pierre, le ciel, la chair. C'est la reconstruction de la géographie, mais par fragments, des bouts de mur, des bouts de corps. D'ailleurs dans ses livres sur Jérusalem, on ne voit pas vraiment que c'est Jérusalem. Mais, oui, il y a de la tension, il y a de la violence, de la cruauté.
Pour ce que l'on en connaît, il y a effectivement de la tension dans la danse de Luis, mais y-a-t-il de la tension, de la violence dans la danse de Rita ?
Rita : Ce n'est de toute manière pas un travail politique
Luis : C'est toujours politique !
Rita : Oui, mais ce n'est pas une prise de position. C'est parler d'un lieu poétiquement.
Luis : Ce qui relie notre travail, ainsi que celui de Ben Loulou, c'est le travail sur des sujets très serrés, comme des macrophotos et cela fait appel à tout ce qui est autour, qu'on ne voit pas, justement. C'est ça ce qui nous unit, travailler sur le hors cadre.
Rita : Sur ce qui est imaginable
Au final, la pièce est-elle vraiment, comme annoncé parfois, sur la géographie des rues de Jérusalem ?
Rita : Ce n'est pas une illustration. Il faudra les imaginer.
Luis : C'est un travail sur les frontières. Les frontières, cela fait appel à l'inconnu, à ce que l'on ne voit pas. On définit des espaces qui sont continuellement changés au fur et à mesure qu'on avance. Ce n'est pas une pièce sur Jérusalem.
Rita : Il faut dire que les images qui font partie de la pièce sont des fragments.
Rita est italienne, Lluis est catalan, vous vivez en France. Votre vie d'étranger est elle dans la pièce ?
Luis : Cela ne parle pas de nous -mêmes mais de sensations.
Rita : C'est sur la limite, ce qu'on n'a pas pu voir. Mais il y a un mot qui parle de la pièce, c'est le mot dissolution : la fragmentation de la matière. Ce processus d'imagination se retrouve dans le traitement de la photo dans la pièce. Il y a un travail sur le support lui même.
Est-ce une pièce tout public ?
Rita : Il y eu un moment, on travaillait à Rennes, des enfants d'une école sont passés, ils nous ont dit des choses étonnantes. Oui, je pense que cette pièce peut être vue par des enfants. C'est quelque chose qui a à voir avec l'effort... il ne faut pas parler à l'avance du dispositif scénique, mais il y l'effort nécessaire, pour garder des images en soi.
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