Le 09 Février 2010
  

 
      LES MINEURS EN PRISON
PRISONS
 

LE JEUNESSE EN PRISON
Les occidentaux qui vont en vacances au Maroc se contentent bien souvent de rester dans leurs confortables hôtels et la misère marocaine leur échappe ou alors font-ils semblant de ne pas la voir...

Le chômage, la drogue, la pauvreté sont de puissants ingrédients pour favoriser la délinquance mais les moyens utilisés pour s'occuper des enfants, des adolescents et les aider à se réinsérer n'est malheureusement pas de rigueur. On embastille dur au Maroc et qu'importe l'âge...


A LA PRISON DES MINEURS : "MAMA ASSIA" SUR TOUS LES FRONTS...

par Narjis RERHAYE

L'image est insoutenable et Assia El Ouadie n'arrive toujours pas à s'y faire. Même si elle côtoie tous les jours cet «ordinaire». C'est toujours la même réaction face à la détresse de ces jeunes, parfois à peine âgés de 13 ans, trop souvent des gosses, privés de liberté, au nom d'une justice fortement imprégnée d'une culture de la sanction plutôt que celle d'une deuxième chance: l'émotion gagne la directrice des centres de réforme et de rééducation où sont incarcérés les jeunes mineurs de 13 à 20 ans. La voix cassée, elle soupire : «Il y a tellement de choses à faire, d'actions à mener, de chantiers à ouvrir . Dites, vous pouvez dire aux bonnes âmes de nous aider».

Ce soir-là, au centre de réforme et de rééducation de Hay Salam, à Salé, c'est presque jour de fête. Dans l'immense cuisine, de jeunes détenus à la tenue rayée sont aux fourneaux : ce sont eux qui ont la charge de préparer le couscous qui sera servi tout à l'heure aux jeunes. A. El Ouadie lève les couvercles, vérifie les légumes. «Mes enfants n'auront pas de viande ce soir», regrette-t-elle, avant de tâter les pains ronds pour se rendre compte de leur fraîcheur…

On franchit une porte, puis un couloir pour se retrouver dans une sorte de cour à ciel ouvert autour de laquelle s'organise l'horreur, c'est à dire l'incarcération des mineurs. Par chambre et par tranches d'âge, avec comme seul horizon des barreaux de fer aux portes et aux fenêtres.

Difficile de détourner les yeux de la promiscuité et l'entassement. Ils sont un peu plus d'une trentaine par «chambre» transformée en dortoir de fortune. Des lits en fer à deux étages, des matelas défoncés et des couvertures grises et une absence d'hygiène évidente. Une odeur fétide envahit la «chambre». «Alors vous êtes contents d'avoir reçu la télévision que je viens de vous envoyer ? Où l'avez-vous placée ?», demande la directrice qui s'enquiert si toutes les cellules ont désormais un poste de télévision.

Dans la cellule n° 7, la télévision couleur trône en bonne place. A l'évidence, c'est un objet magique. Derrière les barreaux, l'évasion cathodique n'est pas un slogan creux échappé d'une chronique télé mais une manière d'oublier, ne serait-ce que pendant quelques instants, la dure réalité d'un centre de réforme et de rééducation. «C'est pire qu'une prison !», s'exclame bouleversé l'ancien détenu politique, aujourd'hui membre de l'Instance Equité et Réconciliation, Salah El Ouadie.

L'image est insoutenable. Les jeunes sont agrippés aux barreaux , acclament «Mama Assia», applaudissent à tout rompre. Certains veulent lui parler, formuler une demande, d'autres juste l'embrasser, la remercier d'être là.

" Tu as reçu les sandales que je t'ai envoyé ? Et toi, si je t'inscris à l ‘école, tu ne t'absenteras pas ? Tu ne feras pas le malade ? ". Le jeune adolescent de 15 ans, imberbe, acquiesce et promet de suivre les cours. Il veut s'en sortir. Mais combien sont-ils ici à Hay Salam, dans la promiscuité et l'entassement qui font de l'incarcération une lutte de tous les jours, à vouloir s'en sortir alors que le respect de la dignité et la rééducation d'enfants au ban de la société sont loin d'être réunis ? Comment éviter la récidive et faire en sorte que ces centres ne soient plus des écoles de la délinquance ?

" Un manque cruel d'éducateurs de rue et de médiateurs sociaux"
Un adolescent chétif s'accroche à la directrice et chuchote qu'il n'a pas de lit. Depuis quand ce détenu ne dort plus ? On n'en saura rien. A. El Ouadie s'énerve, ordonne au chef de chambrée de lui donner immédiatement un lit. Un autre a besoin d'une demande de libération. Il est mineur et ne peut par conséquent la rédiger lui-même. Assia El Ouadie se tourne vers le directeur du centre de réforme et de rééducation de Salé : " Dis à Mouna de s'en occuper dès demain ". Mouna est l'une de ses assistantes. " Vous le voyez bien. Je dois même remplir le rôle de l'avocat ".

Si la détention des mineurs n'est plus un sujet tabou depuis que le chef de l'Etat a donné une visibilité à se dossier douloureux, la question de la rééducation et, plus encore, de la réinsertion de ces adolescents condamnés de la simple bagarre au meurtre, demeure un immense chantier. La direction générale des centres de rééducation et de réformes ne peut tout assumer à elle seule et, fort heureusement, les portes des prisons se sont ouvertes à la société civile et au mouvement associatif. A l'initiative de Assia El Ouadie une association des amis de centres de réforme et de rééducation a d'ailleurs été créée.

Il y a quelques jours à peine, ceux du réseau Maillages que préside Ahmed Ghayet organisaient un spectacle au profit des mineurs du centre Oukacha, à Casablanca. " Nous avions un double objectif. Montrer aux jeunes détenus qu'on pouvaient être des mêmes quartiers qu'eux, puisque les membres des associations du réseau Maillages sont issus de quartiers populaires, et s'en sortir, leur montrer que la délinquance n'est pas la seule voie possible. Notre deuxième objectif était de faire en sorte que les jeunes des associations soient confrontés à la réalité des centres de détention ", explique A. Ghayet.

Voyeurisme des deux côtés des barreaux ? Pas du tout. Ceux du réseau des associations des quartiers populaires et la directrice des centres de réforme et de rééducation ont tenu réunion. Des décisions ont été prises et en filigrane le choix de faire du mouvement associatif un espace de réinsertion sociale, une structure d'accueil pour les mineurs qui reviendront à la vie et à la liberté, en attendant une insertion professionnelle. Pour l'heure et une fois par semaine, ceux du réseau Maillage viendront encadrer, ici à Oukacha, une équipe de football. Ailleurs, la réinsertion par le sport a fait ses preuves.

" Il y a un manque cruel d'animateurs sportifs, d'éducateurs de rue, de médiateurs sociaux. Souvent des jeunes se retrouvent en prison pour une bagarre. Très vite, on dérape on tourne mal. Il faudrait aussi penser à une police de proximité et de prévention et pas seulement de répression. S'il existait un encadrement en amont, peut-être qu'on éviterait tout cela et surtout la sévérité des juges ", conclut M. Ghayet qui, en France, a d'abord été éducateur.

Sources : http://www.avmaroc.com/article.php/sid/14814/A-la-prison-des-mineurs-:-%C2%ABMama-Assia%C2%BB,-sur-tous-les-fronts

Voir aussi nos sites :

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LES DANGERS DU SIONISME
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TCHETCHENIE UN PEUPLE A L'AGONIE
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PALESTINE TERRE DE TOUTES LES DOULEURS
http://www.palestine.ipfixe.com

L'OEIL DU MAÎTRE
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