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La Speculoos story |
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 Laurent Dechenne partage son expérience de concepteur et de cycliste adepte du concept de "traction avant directe"
Cette petite histoire est un résumé des étapes qui m’ont amené au « spéculoos »
Après avoir découvert le vélo couché via une location, les pages internet, les constructeurs amateurs, j’ai l’occasion de faire l’essai d’un flévo racer. Le design des vélos à transmission courte, à la fois pour la simplicité de construction et pour leur rendement me semble très intéressant. L’hiver 2003-2004 après avoir découvert l’extraordinaire [url:http://www.python-lowracer.de python], je fais mes premiers essais de soudage.


Même si les qualités des pythons à vitesse « de croisière » sont indéniables, le manque de stabilité en descente (au-delà de 45/50 km/h) ne me permet pas d’être complètement satisfait de cette géométrie. (J’en reconstruirais quand même un bien plus tard)
Je réalise ensuite rapidement un essai de type « flevo » qui me permet de me rendre compte qu'une chasse positive reste importante pour la stabilité d’un vélo, et même incontournable quand la vitesse augmente en descente.
src="http://img201.imageshack.us/img201/4075/6341093286748gu6.th.gif" border="0">

La stabilité est meilleure, mais le vélo est lourd, haut, l’alignement approximatif, le siège raté… Il faut faire de nouveaux essais...
Qui m’amènent à ceci :


Suite à ma première participation au rassemblement d’Allègre où je m’étais rendu avec ce vélo, je me rends compte du grave manque de rigidité de cette géométrie. En fin de semaine, chaque coup de pédale se voit sur le pivot de direction qui se balade de gauche à droite. Je pense qu’une partie de l’instabilité de ce vélo est, aussi, due à cette souplesse de la « poutre » du vélo.
De retour d’Auvergne, c’est le déclic :


Il faut rigidifier et faire un cadre en passant par au-dessus de l’épaule comme je l’avais vu sur certaines constructions amateurs. Et cela améliore beaucoup le vélo !
Je maîtrise pas mal le pilotage de l’engin, je suis de plus en plus à l’aise… jusqu'à une lourde gamelle qui ne me permet plus d’ignorer la tendance à partir en « survirage » de ce type de vélos.
Le reste peu se résumer à une longue série d’essais pour comprendre la géométrie de l’engin et trouver le meilleur compromis entre la stabilité et l’interférence entre le pédalage et la direction.


Selon mon expérience, plusieurs données sont à rassembler et à mettre en concordance pour que ce type de géométrie soit efficace :
- Être assis le plus près possible (voir sur : flévo, python) de la
colonne de direction réduit l’idp (interférence entre la direction et le pédalage)
- Plus l’angle entre les forces du pédalage et le pivot de direction est fermé, au mieux l’idp sera réduit.
Cela conduit à incliner le pivot de direction de plus en plus. Par contre, plus ce pivot est couché, plus la direction est lourde et à tendance à « tomber » en survirage et rend le vélo délicat à piloter. Et donc pour la stabilité, il faut relever ce pivot de direction.
Il a donc fallu chercher le compromis entre un comportement
« sûr » et un idp qui reste confortable. Qui permette aussi de
sprinter par exemple, ou de franchir de fort dénivelé sans zigzag.
C’est là le point de divergence avec [Tom Traylor url:http://traylorfwd.home.mindspring.com]. Je pense pour ma part que pour rester efficace et confortable on doit pouvoir se passer des mains
pour rouler, et surtout ne pas avoir à se battre avec le guidon pour contrer les mouvements dans la direction dûs au pédalage.
Je passe sur les essais intermédiaires pour en arriver à mon
premier vélo de course. A partir de celui-là, je fabrique un pivot de direction spécifique qui permet le démontage, est très rigide et réduit au mieux l’encombrement entre les
jambes.


Le compromis auquel je suis arrivé, c’est 60° pour le pivot et
le pédalier pratiquement à la hauteur de l’assise… C’est donc
la position du pédalier au plus bas qui fixe la hauteur de l’assise
Il faut distinguer les deux principaux éléments du compromis
qui aboutissent à cette géométrie
En ce qui concerne la stabilité, c’est l’angle de chasse par
rapport au sol qui importe. Pour l’idp, C’est le rapport entre
l’angle du pivot et les hauteurs d’assise et d’axe du pédalier.
Ceci explique pourquoi je ne peux pas descendre l’assise plus
bas : cela m’obligerait à incliner le pivot… Et la direction
redeviendrait trop lourde.
VERSION TANDEM
Vieux rêve du tandem dos-à-dos (pas encore tout à fait au point mais ça avance). Ici le poids sur la direction étant nettement plus élevé, pour garder le bon équilibre, le pivot est un peu plus relevé




Marc sur « LE » spéculoos qui est le dernier aboutissement de la géométrie traction directe, le
dernier aujourd’hui… Mais
l’histoire continue…


Les « fausses » pistes, les différents essais sont visible dans
l’historique ici : [url:http://les-velos-de-laurent.skynetblogs.be les-velos-de-laurent.skynetblogs.be]
Laurent Dechenne
En complément, Le point de vue de Marc Lesourd qui a bien voulu jouer le cobaye de cette histoire.
Introduction:
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Tout d'abord, ce velo n'existerait pas sans l'ingéniosite de son
créateur, le désormais célébrissime Laurent Dechenne. Après
des années d'expérimentation à partir des concepts pionniers
comme les Flevo et Python, Laurent a abouti à un velo conciliant stabilite, rigidite, maneuvrabilite et simplicite. Sans entrainement particulier, mais sans toutefois etre une larve humaine, il reussit de bonne performances au guidon de son proto. En particulier, ce fut le cas lors des championnats du monde HPV a Aalborg (DK) en 2005.
A cette epoque je considerais serieusement changer de monture pour remplacer mon cobrabikes royale, un traction avant "traditionnel". Considerant a juste titre que j'allais encore depenser mes maigres economies sur un engin exotique, Laurent me proposa un marché: il me construirait un velo gratuitement a condition que je l’utilise en competition afin de prouver la validite du concept. A l’origine le contrat stipulait que je devais gagner des courses, mais cette clause fut rapidement abandonnee. Quelques mois plus tard, Laurent
me delivrait le velo en mains propres, et apres quelques
reglages mineurs et tergiversations de mon cru, j’effectuai
mes 1ers tours de roue. Je dois preciser que je n’avais jamais
eu l’opportunite de tester un seul des velos de Laurent auparavant a cause de mes jambes trop courtes.
Caracteristiques :
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- traction avant directe
- roue avant 20” ETRO 451, arriere 26” ETRO 650
- casette 11-32 (11-23 pour terrain plat) avec plateaux 42-61
- Guido en U
- Poids 13kg
- se separe facilement en 2 parties pour le transport
- realise a partir de velos droits de recuperation incluant un
VTT enfant pour la partie avant
- surnome “speculoos” en reference au delicieux biscuit croustillant Belge
Pilotage :
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L’apprentissage fut plus dur que prevu. “Enfiler” le velo se révéla déjà accrobatique, mais moins difficile que de s’en desincarcerer ! La direction me semblait tres lourde. Des lors
que le guidon tournait trop, je devais m’arreter pour redemarrer en ligne. Appuyer en puissance sur les pedales n’etait qu’un fantasme de plus pour moi. Mais je ne renoncai
pas, et apres quelques jours de pratique en roue libre, je me
retrouvai sur route. Incidemment, il existe une video sur le site de Johnathan (JNZ) montrant mon 2eme reel essai concluant. J’etais deja capable d’atteindre les 40 km/h et de rester dans les limites goudronnees d’1 voie de 2 m de
large... ou a peu pres ! Mais grimper ne serait-ce que la
moindre bosselette etait toujours presque impossible. Le couple genere par mes jambes etait trop puissant pour etre controle par mes bras. D'ailleurs se sont mes épaules et bras qui etaient douloureux apres une sortie et surement pas mes
jambes.
L’etape suivante fut d’effectuer mes trajets pendulaires sur les
20km de “ma” piste cyclable le long de l’Isere. Bien que grâce à mes pedales automatiques le contrôle de l’engin s’était amélioré, je proferais toujours de temps a autre un “@$%^&&&!!” lorsque ma trajectoire deviait de maniere
impromptue vers la riviere en contre-bas.
Et puis soudain, quelque temps plus tard, un beau jour la maitrise du velo fut parfaite. Plus de zigzags, plus d’hesitations, juste du plaisir intense. Et oui, la direction etait
devenue legere et obeissante. Je pense que cela a a voir avec d’infimes ajustements du pedalage que le corps trouve quasi instinctivement. En analysant un peu, il semble que je pedale
legerement en dehors de l’axe vers l’exterieur, articulierement en fin de coup de pedale (extension). C’est
pourquoi les pedales auto sont necessaires pour avoir le controle absolu de l’engin. Quand il m’arrive de pedaler en chaussures de ville j’ai plus de difficultes a maitriser le velo a faible vitesse.
Performances :
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Le velo est tres rigide et l’efficacite de la transmission est
remarquable comparee aux velos a propulsion ou traction
avant indirecte que j’ai pilotes. Cela se traduit egalement par
le silence lors du pedalage : fini les poulies qui couinent. A
Zurich en 2006, j’ai parcouru 45km dans l’heure. Dommage
que mes competences en sprint ne me permettent pas de
demontrer l’efficacite du velo dans les epreuves courtes.
L’engin grimpe tres bien, il vaut mieux du reste puisque mon
terrain de jeu principal est les Alpes. J’ai teste du 18%
lentement certes mais sans arret intempestif. J’ai prevu
d’installer une pointe aerodynamique arriere cette annee
histoire de recuperer ce que les ans me volent. Autre detail
qui a son importance : je peux rouler sans les mains sur le
guidon. Dailleurs en hiver, il m’arrive de rouler les _ du temps
les mains chaudement cachees dans ma veste et ce a vitesse
elevee grace a la grande stabilite du velo
Inconvenients :
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- La barre au dessus de l’epaule peut etre genante en ville ou
les arrets sont frequents
- L’accroche de la roue avant sur sol mouille et ou sale est un
probleme bien que grace au centre de gravite assez bas sur
mon velo ce ne soit pas une gene majeure.
- Pourrait etre plus leger en carbone ou titane
Conclusion :
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J’adore ce velo, si facile a piloter, si efficace… tellement que
j’ai vendu ma voiture et que j’ai fait de ce speculoos mon
unique moyen de locomotion. Distance annuelle parcourue de
~12000 km partagés entre trajets pendulaires, compétitions,
balades et shopping parfois équipé d’1 remorque mono roue.
Marc Lesourd
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